La cour d’école… mon premier terrain d’athlé !

 

J’ai passé les dix premières années de ma vie à Saint Denis, en région parisienne. C’est probablement là-bas, en plein milieu des années 70, dans une cour d’école, emmurée de briques aussi rouges que les murs de l’INSEP (où j’allais construire ma vie d’athlète pendant plus de 15 ans) que j’ai commencé l’athlétisme sans le savoir vraiment. J’étais également à mille lieues de penser – ironie du sport – que je finirai ma carrière sous les couleurs de l’Équipe de France d’athlétisme au Stade de France à quelques encablures de cette bonne vieille cour de l’école Marville.

De cette période de CP et de CE, il me reste quelques souvenirs précis. Le nom et quelques traits de visages de mes maîtresses, les tables basses griffonnées pourvues d’anachroniques encriers, les images petites et grandes, qui me permirent avec fierté de gagner mon premier livre Zurafa la girafe.

Aucun souvenir n’est cependant aussi riche que cet instant, où courant dans la cour d’école, mon corps et mon esprit sont entrés en résonance. Je me suis senti accéléré, j’ai senti le vent sur mon visage, j’ai senti que le temps existait, et que l’on pouvait vivre et vibrer à l’échelle du dixième de seconde. Je suis entré dans cet instant de temps dilaté, j’ai allongé la foulée, j’ai échappé à mes deux camarades qui venaient, l’un sur ma gauche, l’autre sur ma droite, pour essayer de freiner mon élan, je suis passé, et ce monde merveilleux s’est refermé. Fin de récréation. Retour à la vie normale.

Je me souviens de ce bref et riche instant comme si c’était hier. Je me souviens de l’endroit précis dans la cour d’école et de ma trajectoire. Je crois que ce jour-là je suis rentré dans un espace-temps auquel seul l’athlétisme et la course allait me donner un accès régulier par la suite. Cet espace-temps où, courbé sur la ligne d’arrivée, le regard rivé sur l’adversaire, les tranches de vie prennent l’épaisseur du centième de seconde.

Stéphane

DIAGANA

"Je me suis senti accéléré, j’ai senti le vent sur mon visagej’ai senti que le temps existait, et que l’on pouvait vivre et vibrer à l’échelle du dixième de seconde"

Alain Piron

Directeur Technique National 1985 - 1988

          Professeur STAPS de DIJON

"L'ATHLETISME,

 

Notre sport a ceci d’exagéré qu’il cultive plus que tout autre le paradoxe et la contradiction.

 

Sport individuel, il ne s’épanouit que par le groupe. Il exige la multitude qui seule donne sa valeur à la confrontation et un sens aux performances.

 

Sport élitiste, semble t-il réservé à quelques dilettantes douées par la nature, il demande rigueur, régularité et ne récompense vraiment que la ténacité et le travail.

 

Sport technique et de techniques, où le modèle semble à tous s’imposer, il exige de chacun l’expression de sa différence, l’invention de son propre style.

 

Sport où l’athlète se trouve nécessairement seul face à la barre où à lutter contre le temps, il pourrait conduire à l’égoïsme et à la vanité, mais la mesure est là qui rappelle vite à l’ordre et modère les prétentions.

 

Sport de mesure ?... Voilà que dans ce monde avide de performances chiffrées vient se loger l’émotion qui fait de l’attente d’un départ, une éternité et de quelques centimètres, un infini.

 

Émotions mélangées, contradictions, ce que l’athlétisme nous condamne à vivre.

 

Mais vivre, le secret est là.

Pour le plaisir…, pour le plaisir de se sentir vivre ! "

                                                                             © 2020 by SAINT-CLAUDE ATHLETIC CLUB

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